HISTOIRE

Les sépultures mérovingiennes trouvées sur la commune sont, à ce jour, les plus anciennes traces de la présence d’une collectivité humaine sur notre territoire. Le premier écrit faisant mention de notre lieu remonte à 1098 : « Walterius presbyter de Castenaco » (Walter prêtre de Castenaco). Des moines de Lanthenans, Augustins, ont installé un prieuré et une église quelques temps avant cette date. En 1333 la succession de Renaud de Bourgogne donne Châtenois à Jeanne de Montbéliard. Par le mariage de sa fille avec l’archiduc Albert II de la famille des Habsbourg Châtenois va tomber entre les mains de la Maison d’Autriche. Des litiges entre le prieur de Châtenois et le doyen de Lanthenans conduisent le pape Eugène IV, en 1435, à séparer Châtenois de Lanthenans et à rattacher le prieuré de Châtenois à la manse capitulaire de Saint-Maimboeuf à Montbéliard.

En 1556 le comte Georges de Montbéliard impose le luthéranisme dans son Comté et saisit tous les biens de l’église catholique. Bien qu’en dehors du Comté de Montbéliard-Wurtemberg le prieuré de Châtenois, rattaché à Saint-Maimboeuf, devient propriété du comte de Montbéliard qui en touche les revenus. Châtenois restera dépendant de la Maison d’Autriche jusqu’en 1648, date du traité de Westphalie qui redonne notre village à la France. Cependant le prieuré de Châtenois et ses dépendances resteront des biens appartenant aux comtes de Montbéliard qui continueront à en toucher les revenus. Cette situation fut l’objet de nombreuses discordes jusqu’à la Révolution Française, date de la prise de possession du Comté par la France.

Pour distinguer notre village des autres Châtenois de France, le conseil municipal obtient, par décret ministériel du 14 juin 1933, que le nom devienne Châtenois-les-Forges pour rappeler l’importance historique de la métallurgie dans notre village qui repose sur la présence de fer dans certaines couches calcaires et argileuses de notre sous-sol. C’est à partir du XVIe siècle que le minerai de fer est exploité, la trace de nombreux puits dans le village et dans les bois atteste de l’importance de ce gisement. D’abord transporté à l’extérieur du village le fer sera finalement fondu dans un haut-fourneau local puis transformé dans une forge créée en 1860 mais qui cessera ses activités en 1964. L’élaboration de ressorts de haute technologie pour l’industrie automobile et les véhicules industriels ayant progressivement pris le relais.

De Castenaco (premier nom relevé dans les archives) à Châtenois puis Châtenois-les-Forges l’origine du nom de notre village reste inconnue. Aucune source historique ne permet, aujourd’hui, de donner une explication sérieuse sur l’origine de ce nom. Si la plupart des autres Châtenois de France peuvent rattacher leur nom à la présence d’un château (castellum), un camp romain ou une place forte (castrum), la présence de châtaigniers (castanea), notre Châtenois entre difficilement dans l’un de ces trois critères classiques. Notre sol n’est pas favorable au développement des châtaigniers, on ne connaît pas la présence d’un château et le camp romain, s’il a existé, était peut-être à l’emplacement de l’actuel Châtelot, le long de la voie romaine nécessairement empruntée par les moines. La piste du Châtelot (Châtenois) paraît intéressante mais l’origine de Châtenois est peut être ailleurs…Notons qu’au cours de l’histoire, dans les archives, l’accent circonflexe est souvent oublié, à tord ou à raison ? Seule l’origine exacte du nom peut justifier ce choix.

Références : livres d’Elisabeth Brunetta : « Châtenois autour de l’église » et « Châtenois et environs »

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